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GERER LA VIOLENCE : QUE FAIRE AVEC LE SECRET PROFESSIONNEL?

GERER LA VIOLENCE : QUE FAIRE AVEC LE SECRET PROFESSIONNEL?

Dans ma carrière de praticien shiatsu, j’ai été confronté à des cas variés de violence touchant mes clients ou leur entourage. Je pense notamment aux abus sexuels (passés) ou menace d’abus sexuel (abus en cours) sur un client mineur ou sur l’enfant d’un client majeur. Je pense aussi à certains cas de violence ou menace de violence (physique ou psychologique) contre une cliente mineure ou une autre cliente majeure.

En tant que praticiens shiatsu certifiés, nous sommes en principe formés pour prendre en charge le rééquilibrage énergétique de nos clients. Mais qu’en est-il de la prise en charge du trauma éventuel? Suis-je tenu de dénoncer les faits aux autorités? Ma responsabilité peut-elle être engagée si je ne le fais pas, même si la victime s’y oppose?

Le présent article a pour but de donner quelques balises.

Olivier de Stexhe

Beroepsgeheim 

Que dit la loi du secret professionnel?

La règle de base, c’est le secret! Selon l’article 458 du Code pénal, vous êtes, en tant que professionnel du shiatsu, obligé de vous taire: « le détenteur d’un secret professionnel est tenu de garder le secret d’informations confiées par un client dans un cadre professionnel. »

Néanmoins, vous avez la faculté (et non l’obligation) de dénoncer les faits aux autorités dans des cas précis, à interpréter de manière restrictive.

Il s’agit notamment des cas suivants:

-  lorsque, dans le cadre de votre profession, vous apprenez qu’une des infractions visées à l’article 458bis du Code pénal (différents cas de violence et abus) a été commise sur un mineur ou sur une des catégories de personnes vulnérables citées à l’article précité (il s’agit notamment des femmes enceintes, des victimes de violence conjugale ou des personnes handicapées)

-  et que soit il existe un danger grave et imminent pour l’intégrité physique ou mentale du mineur ou de la personne vulnérable, soit il existe des indices d’un danger sérieux et réel que d’autres mineurs ou personnes vulnérables soient victimes des mêmes infractions, sans être capables de se protéger.

Les dispositions précitées doivent être lues en lien avec les dispositions sur la non-assistance à personne en danger, qui imposent au détenteur du secret de faire une évaluation des risques: la dénonciation ne peut être envisagée qu’en tout dernier recours, lorsque toute autre voie pour prévenir le danger a été tentée.

Le Code de déontologie de la FBS ne dit pas autre chose que la loi : les membres « traitent toute information - médicale ou personnelle - de manière strictement confidentielle. »

Que faire concrètement?

Compte tenu de l’ampleur des abus et des actes de violence commis, notamment sur les personnes mineures, il est peu probable que vous ne soyez jamais confronté à un cas de ce type.

Le cadre légal et déontologique semble plutôt protecteur: en effet, il vous impose a priori de garder le secret. Le secret pour but de protéger le cadre thérapeutique: si ce n’était pas le cas, il y aurait beaucoup moins de confidences et les victimes auraient d’autant moins de chance d’obtenir du soin. Le secret a aussi pour fonction de protéger les personnes qui pourraient être accusées à tort.

Néanmoins, une telle protection ne vous exonère pas de toute responsabilité: en effet, il convient de mettre tout en oeuvre pour protéger les victimes, et surtout les futures victimes d’auteurs d’actes de violence qui n’ont pas de raison de s’arrêter.

Si les faits déposés en séance vous laissent penser que de nouveaux faits de violence sont à craindre, en particulier sur des personnes vulnérables telles que des mineurs, vous devez évaluer, avec la collaboration de la personne qui les dénonce, la meilleure stratégie de protection. Il n’y a pas de règle a priori.

On pourrait notamment penser aux stratégies suivantes, dans un ordre croissant de priorité:

  • encourager la personne à faire appel à un service d’aide aux victimes (prenez le temps de chercher sur le net les services compétents dans votre région)
  • encourager la personne à mettre la victime à l’abri (on pourrait penser par exemple à encourager un parent à refuser de confier l’enfant au parent abuseur à son tour de garde)
  • encourager la victime à déposer les faits à la police
  • évoquer à la victime l’idée que vous-même vous l’accompagnez dans l’une ou l’autre démarche de dénonciation
  • dénoncer vous-même les faits à la police

Qu’en est-il de la prise en charge de la victime?

La prise en charge de faits de violence grave, notamment lorsqu’il s’agit d’abus sexuels sur enfants mineurs, nécessite une formation appropriée. En général, la prise en charge doit être multidisciplinaire, incluant nécessairement des soins médicaux et psychologiques. A moins d’être formés en soins médicaux et/ou psychothérapeutiques, les praticiens en shiatsu doivent donc passer la main.

Néanmoins, si la victime est déjà prise en charge sur un plan multidisciplinaire (ou qu’elle s’engage à le faire), le praticien en shiatsu peut être d’une aide précieuse, à condition qu’il dispose lui aussi d’une formation dans la prise en charge du trauma. En effet, sans formation adéquate, vous courez le risque d’exposer votre client à revivre une situation traumatique que vous ne saurez pas gérer, et de vous mettre dans une situation de grave insécurité personnelle.

 

Olivier de Stexhe est praticien en shiatsu, psychothérapeute et juriste spécialisé en droit de la santé.

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