Stratégie 2025-2034 de l’OMS pour la médecine traditionnelle
Stratégie 2025-2034 de l’OMS pour la médecine traditionnelle
En mai dernier, la 78ème assemblée mondiale de l’OMS a adopté la nouvelle stratégie pour la médecine traditionnelle, couvrant la période 2025-2034. 
https://apps.who.int/gb/ebwha/pdf_files/WHA78/A78_4Add1-en.pdf
De manière générale, cette stratégie s’inscrit dans la politique de l’OMS en matière de médecine traditionnelle, complémentaire et intégrative (MTCI), qui vise à favoriser l’intégration, dans les pays membres, des services de médecine traditionnelle et complémentaire dans les services de santé nationaux et locaux, en veillant à ce que ces services soient sûrs et fondés sur des données scientifiques.
Cette intégration doit permettre de garantir un accès universel à des services de MTCI sûrs, efficaces et centrés sur la personne pour la santé et le bien-être de toutes et tous. L’objectif final est que la MTCI contribue le plus possible au meilleur état de santé et au plus grand bien-être que chacun et chacune est capable d’atteindre.
La nouvelle stratégie encourage les états membres à concevoir et mettre en oeuvre des plans stratégiques nationaux en fonction de leurs capacités, de leurs priorités, de leur législation, de leur culture et de la situation qui leur est propre.
Par rapport à la stratégie 2014-2023, la nouvelle approche insiste davantage sur la médecine intégrative, c’est-à-dire l’approche interdisciplinaire de la santé et du bien-être qui s’appuie sur des données scientifiques et qui utilise une combinaison de connaissances, de compétences et de pratiques de biomédecine et de médecine traditionnelle et/ou complémentaire.
La nouvelle stratégie s’appuie sur 9 principes directeurs:
- Fondement scientifique : les décisions concernant le recours à la MTCI doivent se fonder sur les meilleures preuves d’innocuité et d’efficacité fournies par la recherche et la pratique et tenir compte, selon le cas, de facteurs tels que le contexte, l’équité, la faisabilité de la mise en oeuvre, l’accessibilité économique, la durabilité et l’acceptabilité pour les parties prenantes.
- Démarche holistique et santé : la MTCI regroupe différents systèmes médicaux qui abordent la santé de manière holistique. Elle met l’accent sur les connexions à l’intérieur du corps humain et sur la connexion de celui-ci avec l’environnement.
- Durabilité et approche « une seule santé » : les soins de santé doivent contribuer à la durabilité environnementale.
- Droit à la santé et à l’autonomie : la santé est un droit humain fondamental. Les produits et services de santé doivent être disponibles, efficaces, accessibles, acceptables et de bonne qualité pour toutes et tous, sans distinction. Le droit de prendre des décisions autonomes concernant la santé suppose de bénéficier d’un appui pour faire des choix éclairés.
- Droit des peuples autochtones.
- Culture et santé : importance de tenir compte des préférences, modes de vie, croyances culturelles des populations.
- Soins centrés sur la personne et participation communautaire : la MTCI prône des soins personnalisés et respecte les préférences culturelles en suivant une approche inclusive et collaborative, en harmonie avec le concept de soins de santé primaires.
- Services de santé intégrés : pour obtenir des résultats optimaux, les services de santé doivent être coordonnés sans discontinuité entre les différentes disciplines médicales et doivent faire du bien-être individuel une priorité.
- Équité en santé.
La stratégie fixe 4 objectifs stratégiques aux états membres:
- Constituer un corpus de données scientifiques : la MTCI est largement utilisée, mais il faut aussi réunir davantage de données sur son innocuité et son efficacité pour étayer son utilisation et son intégration. Il faut donc investir « massivement » dans la recherche sur la MTCI et faire de celle-ci une priorité.
- Instaurer des mécanismes de réglementation permettant d’assurer des services de MTCI sûrs et efficaces : une réglementation appropriée est indispensable pour protéger le public des risques que présentent les produits et services dangereux ou de qualité inférieurs. Cela suppose de mettre en place des mécanismes participatifs adéquats, des mesures de contrôle de la qualité et de veiller à ce que l’utilisation prévue soit justifiée et rationnelle. La réglementation s’appliquant aux praticiens de MTCI doit avoir pour premier critère la sécurité des patients. Le fait de définir des normes pour les qualifications, les compétences et la déontologie contribue à garantir que les praticiens ont les connaissances et les compétences nécessaires pour prodiguer des soins sûrs et efficaces.
- Intégrer une MTCI sûre et efficace dans les systèmes de santé : la MTCI peut être intégrée dans tous les éléments constitutifs du système de santé, à tous les niveaux de soins, tout au long de la chaîne de soins et du parcours de vie. Les soins de santé primaires sont un des fondements de la couverture sanitaires universelle et un point d’entrée naturel pour l’intégration de la MTCI.
- Optimiser la collaboration intersectorielle.
Olivier de Stexhe